OUSMANE TANOR DIENG :  » Le Ps garde plus que jamais sa force « 

Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste, défend la ligne tracée par les instances de son parti qui ont décidé de poursuivre le compagnonnage avec Macky Sall, sept ans après la victoire face au leader du Parti démocratique sénégalais (Pds). Pour le maire de Nguéniène, « ce sont les alliances qui gagnent les élections au Sénégal ». Mieux, M. Dieng estime que Macky Sall a un bon bilan et de belles perspectives. Dans cet entretien, le président du Hcct a abordé plusieurs questions dont les remous qui ont secoué le Ps, la stratégie de l’opposition…

 

Monsieur le président, vous êtes le Délégué régional pour le parrainage de la coalition « Benno Bokk Yakaar » et de la majorité présidentielle élargie dans le département de Mbour. Quel bilan à mi-parcours faites-vous des opérations de collecte de signatures ?

Un bilan plus que satisfaisant, à la hauteur de  nos attentes à ce stade de collecte. En effet, il faut rappeler que nous nous étions fixé, dans la région de Thiès, un objectif global de 319 000 signatures dont plus de 130 000 dans le département éponyme, 80 000 dans le département de Tivaouane et 109 000 dans celui de Mbour. Mon équipe et moi avons déjà parcouru les trois départements de la région. Et si je prends l’exemple de Mbour, et cela est valable pour les deux autres départements, nous avons atteint plus de 90 % de parrainage.

Plus exactement 105 000 parrainages, soit environ 90 % des cibles, ont parrainé notre candidat. Des résultats qui dépassent donc ce que j’imaginais. En ce sens, les objectifs qui ont été fixés à chaque commune, et principalement la commune de Mbour, chef-lieu du département, seront sans aucun doute atteints. Nous avons eu des résultats plus qu’encourageants, car il y a même des zones dans le département de Mbour où nous avons plus de 100 % (Mbour commune, communes de Malicounda, de Sandiara, etc.). Ce sont les mêmes résultats enregistrés à Tivaouane et à Thiès. Permettez-moi de profiter de votre tribune pour dire ma satisfaction quant à la mobilisation et l’implication de tous les responsables politiques de la région, mais aussi des porteurs de voix. Le travail de collecte a été engagé avec sérieux, méthode et dans une grande sérénité par les différentes entités concernées. Un grand merci donc à tous nos collaborateurs et alliés.

Est-ce que le département de Mbour va atteindre ses objectifs ?

Bien sûr que oui ! Comme je l’ai dit à l’entame de mes propos, le département de Mbour fait partie des pelotons de tête et dépassera largement les objectifs initiaux que nous étions fixés. Vu ce qui a été accompli jusque-là, le petit pourcentage restant ne nous inquiète pas trop et nous saurons le trouver très rapidement.

 

Quelle stratégie la coalition déploie-t-elle sur le terrain pour convaincre les électeurs ?

C’est une stratégie de proximité, de porte-à-porte, d’intelligence collective. D’abord la coalition n’a pas attendu cette période de parrainage pour visiter les populations, être à l’écoute et répondre à leurs préoccupations. Ensuite, c’est l’engagement de tous les responsables, à tous les niveaux, communal, départemental et régional. Enfin et surtout, c’est le bilan palpable que les électeurs eux-mêmes font du travail du Président Macky Sall qui plaide en notre faveur. Nous avons trouvé des citoyens déjà convaincus qui ont parrainé avec adhésion et enthousiasme notre candidat.

D’aucuns ont fait état d’une percée de L’opposition à Mbour et à Fissel. Qu’en est-il réellement ?

Quelle percée ? Peut-être une percée médiatique mais virtuelle sur le terrain ! L’opposition est portée par une bulle médiatique. Elle risque d’avoir un réveil brutal. Ce qui est valable à Mbour l’est dans les 45 départements. L’opposition sera surprise car il y a un décalage énorme entre l’agitation sur les réseaux sociaux et dans les médias et la réalité des rapports des forces politiques sur le terrain.

Au plan national, les responsables du Parti socialiste sont sur le terrain. Qu’apportent-ils de plus dans la collecte de signatures ?

 

Au plan national comme local, tous les responsables socialistes sont sur le terrain avec les autres membres de la majorité présidentielle. Ils apportent leur expérience et leur poids politique. Il ne s’agit point d’une compétition entre formations politiques mais d’un travail d’équipe où chacun va à la rencontre de ses militants. Naturellement les responsables du Ps vont enrôler les militants et électeurs socialistes à la base. Comme vous le savez, le Parti socialiste est un parti bien organisé et structuré ; son apport dans la coalition présidentielle n’est plus à démontrer.

 

Est-ce que le Ps garde toujours sa force malgré les remous qu’il a connus ?

 

Qui connaît l’histoire de notre parti sait que le Ps est un parti dynamique. Et il sort continuellement plus fort après chaque remous. Comme j’ai l’habitude de le rappeler, quelles que soient les divergences, il y a toujours des solutions internes. Par contre, si le poisson se sent libre dans l’eau à tel point qu’il s’aventure sur la terre ferme, il signera lui-même son arrêt de mort. Cette mort est bien entendu politique, pour un militant socialiste. Le Ps garde plus que jamais sa force qui s’est raffermie d’ailleurs.

 

Comment le Ps compense-t-il les défections qu’il a enregistrées ?

 

Et si nous revenions à la préoccupation du moment ? Cette histoire est derrière nous. Il n’y a pas lieu de parler de défection. Ce sont d’anciens militants, exclus parce qu’ils n’étaient plus en phase avec le statut et les  règles de fonctionnement de notre parti. D’autres militants nous ont rejoints entre-temps et nous avons tourné la page.

 

En dépit des résolutions des différentes instances du parti en faveur de la coalition Bby, certains pensent toujours que le Ps devait avoir son candidat. Que répondez-vous ?

 

Les instances régulières de notre Parti ont unanimement décidé de porter la candidature du Président Macky Sall comme candidat unique et commun de la coalition. Et dans un parti démocratique, ce sont les décisions des instances régulières qui prévalent sur les postures personnelles.

 

D’aucuns pensent que le parti s’est fondu dans le Benno Bokk Yakaar. Envisagez-vous un tel scénario ?

 

D’aucuns…qui ? Vous savez, l’ère des partis politiques qui gagnent seuls les élections est dépassée, ici au Sénégal comme ailleurs. Ce sont les alliances qui gagnent les élections et qui gouvernent. Je pense que beaucoup ignorent la philosophie de la coalition Benno Bokk Yakaar. Comme je l’ai dit récemment à Thiès, c’est inédit dans l’histoire du Sénégal qu’une coalition soit forte de partis politiques comme l’Apr, le Ps, l’Afp, la Ld, le Pit, entre autres, qui ont cheminé ensemble pendant sept ans. Je salue la clairvoyance et la lucidité du Président Macky Sall qui a sauvegardé cette coalition originelle, en l’élargissant à de nouveaux partis et mouvements. Le Ps est dans cette coalition dans le respect de son identité et la fidélité à ses engagements vis-à-vis du Président Macky Sall et de la coalition. Envisager une dissolution quelconque est donc une ineptie.

 

Depuis 2000, vous avez fait face à beaucoup de frondes dans le parti, mais vous êtes resté maître. Quel est votre secret ?

 

Secret ? Je n’en ai pas. Si ce n’est ce que j’ai reçu de mes deux Maîtres : les présidents Senghor et Abdou Diouf. J’ai l’habitude de dire que tout au long de mon engagement politique, et aujourd’hui plus que jamais, j’ai assumé mes choix et mes actes. Je me suis évertué à rester authentique et loyal. J’ai toujours veillé à rester fidèle à notre pays et à ses valeurs de retenue, de dignité, de « kersa, de sutura ». On peut être en désaccord avec moi sur ce que je dis ou les positions que je défends. C’est la démocratie, mais personne ne me reprochera un manque de loyauté vis-à-vis des valeurs qui m’ont été transmises. Je me suis toujours aussi fait un devoir de faire passer l’intérêt général de notre pays, le Sénégal, et l’intérêt général de mon Parti, le PS, avant des ambitions personnelles et des calculs conjoncturels. Si l’on peut parler de secret, c’est peut-être cela mon secret.

 

Est-ce que vous pensez que le candidat de BBY a les moyens de passer au Premier tour ?

 

Largement ! C’est notre objectif, nous y croyons et y travaillons. Son bilan et la crédibilité de notre coalition plaident en notre faveur. J’ai la conviction forte que la prochaine élection présidentielle ne réservera pas de grandes surprises… Notre candidat Macky Sall aborde cette élection avec des atouts dont aucun rival ne dispose.

Quel est la clé pour gagner la présidentielle ?

La clé, c’est ce que je vous ai dit, c’est-à-dire le bilan et les perspectives dessinées par la phase II du PSE. Mais aussi notre candidat représente la stabilité et la garantie la plus sûre dont notre pays, qui entre dans l’ère du pétrole et du gaz, a besoin.

 

L’opposition déplore une mauvaise gestion en évoquant une tension de trésorerie. Vos réponses ?

La tension de trésorerie, chaque fois que tension il y a, est bien gérée et l’économie sénégalaise, deuxième de la zone Franc, se porte très bien. L’équilibre budgétaire est maîtrisé et la gestion est assainie. C’est le lieu d’ailleurs de féliciter le Ministre l’Economie, des Finances et du Plan pour le travail inlassable abattu dans ce sens.

 

Avez-vous le sentiment que le pays est bien gouverné ?

 

Bien évidemment que oui ! L’agriculture se porte de mieux en mieux. La paix et la stabilité sont le partage quotidien des Sénégalais. Des investisseurs courent le pays et des projets pharaoniques sortent de terre. Notre diplomatie est rayonnante sur les scènes sous-régionale et internationale. Les coupures de courant ont drastiquement baissé. Des salaires ont été revus à la hausse. Le panier de la ménagère est positivement affecté avec la baisse des prix des denrées de première nécessité. Les cités religieuses ont fait peau neuve et des bourses sociales sont distribuées aux nécessiteux. Les problèmes d’eau et de transport urbain sont progressivement en train d’être solutionnés. Des routes, des hôpitaux, des établissements scolaires, des « daaras » (écoles coraniques), des centres scientifiques, des universités et plusieurs autres infrastructures de qualité sont régulièrement réalisées et inaugurées au grand bonheur des populations, etc. Nous sommes conscients que les Sénégalais attendent encore plus et nous y travaillons constamment pour leur satisfaction.

 

Le bilan suffira-t-il pour convaincre les électeurs ?

Bien entendu ! Un bon bilan est l’élément central et déterminant pour gagner une élection, mais il y en a d’autres, d’ordre socio-économique, qui peuvent influer sur le cours d’un scrutin. C’est la raison pour laquelle nous restons mobilisés et attentifs aux doléances des populations que nous rencontrons. Personne ne connaît mieux le Sénégal des profondeurs que le Président Macky Sall et les différents leaders de notre coalition, par notre ancrage dans les réalités profondes de nos terroirs. C’est cette connaissance du pays qui justifie la mise en place des bourses familiales, du Programme d’Urgence de Développement communautaire (Pudc), du Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (Puma), du Programme de Modernisation des Villes (Promovilles), et du programme de la Couverture Médicale Universelle (Cmu), et la liste n’est pas exhaustive. Nous avons un bon bilan contrairement à d’autres qui brassent du vent et pensent pouvoir vendre du sable aux Sénégalais.

 

Vous êtes président du Hcct. Quelle plus-value votre institution apporte-t-elle à la gouvernance des territoires ?

 

Elle apporte la voix des élus territoriaux. Pour rappel, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (Hcct) a été institué par la loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016. Le Hcct est un organe consultatif et un espace de dialogue républicain constructif, de réflexions utiles, de propositions et d’esquisses de solutions techniques pour l’aménagement et la gouvernance territoriale. Notre mission est distinctement définie comme suit : « renforcer la participation active des acteurs territoriaux à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques territoriales. Il élargit les espaces de dialogue, de consultation et de concertation dans le processus de prise de décisions qui engagent la vie des collectivités territoriales pour une meilleure inclusion des citoyens dans l’identification des besoins, la définition des priorités, la conception et la mise en œuvre des politiques de décentralisation. »

 

Quel est le climat des relations au sein de BBY ?

Un climat serein, même si pour toute organisation humaine, il peut y avoir quelques différences de points de vue. Toutefois, dans l’ensemble, les responsables politiques de Bby ont mis de côté leurs divergences afin d’être en phase avec les attentes de nos compatriotes. Car la clé de notre réussite est l’unité, le rassemblement et la cohésion. Les égos doivent être dépassés et tout le monde converge vers la réélection du Président Macky Sall.

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