ABDOULAYE WILANE : « L’opposition doit savoir raison garder »

Abdoulaye Wilane, Porte-parole du Parti socialiste fustige la démarche des leaders de l’opposition qui ont organisé, hier, un rassemblement pour dénoncer le parrainage.

« L’opposition manque de créativité. Les opposants veulent faire la même chose que les anciens. C’est une attitude réactionnaire », s’est désolé, le maire de Kafrine interpellé sur le rassemblement organisé par l’opposition. Pour le responsable du Ps, « l’inventivité aurait voulu que les gens qui cherchaient à écrire des livres, dénoncer des actes de gestion qui remettent en cause la crédibilité de la gouvernance actuelle continuent à prouver qu’ils sont les leaders de leur époque. L’époque de la transparence et de la reddition des comptes ».

Pour M. Wilane,  organiser des rassemblements est une action inutile. « Ça ne sert à rien de donner rendez-vous aux Sénégalais à la place de l’obélisque pour monter l’opinion contre un président », a-t-il dit, demandant à l’opposition de « rester sur le terrain des arguments sur la bonne gouvernance qu’elle prétend défendre ».

Revenant sur le parrainage, le Porte-parole du Ps a souligné que le Sénégal a démarré une nouvelle ère marquée par une volonté de d’assainir les mœurs politiques et de moderniser le système politique. « De la même manière que les lois indiquaient que pour être maire ou président du Conseil départemental dans une localité, il fallait s’inscrire dans ladite localité. Aujourd’hui, pour être présidentiable, il faut être inscrit sur les listes électorales. C’est une condition sine quoi none », a-t-il rappelé.

Il se réjouit de constater que seuls sept candidats sur 26 dossiers, remplissent les critères pour l’étape du parrainage. Pour M. Wilane, tout le monde doit saluer cela. « Ça prouve que le système de parrainage a été utile et nécessaire. Il faut le reconnaître, toutes les candidatures qui n’ont pas été en mesure de remplir ces conditions parmi tant d’autres doivent se regarder dans la glace », a martelé le responsable socialiste.

Sur les raisons des rejets, il a estimé qu’elles peuvent être multiples. « Soit le parrainage n’a pas été sérieusement fait ou des forces en présence ont eu une stratégie d’assèchement du bassin à partir duquel on peut avoir des parrains. Il y a eu peut-être des Sénégalais qui ont collecté des parrainages qu’ils ont vendus à plusieurs candidats », analyse-t-il. Selon le maire de Kaffrrine, c’est la raison pour laquelle il y a eu des doublons. Mais, il avertit que personne ne doit pousser le Conseil constitutionnel ou le procureur à traduire en justice des citoyens. « C’est aux candidats recalés de s’en prendre aux parrains qui se sont permis de leur donner leurs signatures qu’ils ont déjà données à d’autres prétendants.

« Il n’y a pas lieu de vouer aux gémonies le Conseil constitutionnel qui non seulement, a travaillé à partir du fichier dont il dispose, mais s’est adjugé le témoignage de  sept personnalités venant de la société civile », a indiqué le maire. Abdoulaye Wilane fustige également l’attitude des représentants de la société civile. « Si j’étais à leur place, je me garderai de faire des commentaires ou de proposer des initiatives qui pourraient améliorer le système. C’est un débat qui doit être soulevés après le 24 février », affirme-t-il.

Abdoulaye Wilane est d’avis qu’il y a des candidats qui sont contents d’avoir été éliminés. « Au de-là des candidatures ayant passé avec succès le cap du filtrage par les parrainages, nous n’avons pas un candidat qui a un vécu avec une localité. Nous n’avons pas aussi un fonctionnaire qui peut inquiéter le régime », souligne-il.  Dans la même lancée, il s’est désolé de la position radicale de certains recalés. « Pour une expérience nouvelle, notre pays doit se garder d’avoir des hommes politiques qui cherchent à se faire peur. Il ne faut pas jouer avec le feu. Il ne faut pas  jouer avec la stabilité de ce pays et de notre système politique », a-t-il conseillé.

Pour M. Wilane, tout le monde écoute le pays. « Je voudrais en profiter pour inviter les uns et les autres à savoir raison garder, surtout que nous sommes dans un contexte où tout ce qui est  dit ne repose pas sur un débat d’idées  ou programmatique », a-t-il lancé. Et Abdoulaye Wilane poursuit : « nous avons des gens qui fustigent le processus. Il y en a qui font des procès en sorcellerie.  Au fur et à mesure qu’ils parlent, ils soulèvent des questions qui les mettent  en position délicate ». Il cite nommément le candidat de Pastef, Ousmane Sonko accusé d’avoir eu à encaisser de l’argent d’une société intéressée et d’avoir pris partie contre le gouvernement du Sénégal. « C’est choquant. Nous lui demandons de s’expliquer sur cette affaire. Pour l’affaire des 94 milliards de FCfa, il passe pour l’arroseur arrosé », fait-il remarquer.

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