Le Pape François refuse la démission du cardinal Barbarin

Le Pape François a refusé la démission du cardinal Philippe Barbarin, invoquant « la présomption d’innocence », a annoncé mardi le prélat français dans un communiqué, qui avait proposé son retrait après sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d’un prêtre.

« Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission », a annoncé Mgr Barbarin, qui reste donc archevêque de Lyon mais qui laissera désormais la conduite des affaires courantes à l’actuel vicaire général Yves Baumgarten.

Tout en présentant sa démission, Mgr Barbarin avait fait appel de sa condamnation, ce qui a pu motiver le refus du pape François d’accepter sa démission. En octobre, le pape François avait pourtant accepté avec réticence, et après trois semaines de réflexion, la démission du cardinal américain Donald Wuerl, archevêque de Washington soupçonné par un jury populaire d’avoir étouffé un vaste scandale d’agressions sexuelles en Pennsylvanie (nord-est des Etats-Unis).

Le prélat américain de 77 ans, qui clame avoir agi « dans l’intérêt des victimes » et a été loué par le pape, n’était pas sous le coup d’une condamnation comme le cardinal français.

Quand le pape François défendait Barbarin

Le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. En 2016, il avait ainsi estimé qu’une démission avant l’issue d’un procès serait « un contresens, une imprudence ».

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin est considéré comme le plus haut dignitaire de l’Eglise de France.

Mgr Barbarin, 68 ans, un âge prématuré dans l’Eglise pour démissionner de son poste, a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ses silences sur les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat dans les années 1980/1990 et dont il avait été informé par une victime en 2014.

Le cardinal a martelé durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement l’accuse d’avoir choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ».

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