ABDOU MBOW : «Nous allons soutenir les réformes»

Le Porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République, Abdoul Mbow souligné que la majorité va soutenir les réformes institutionnelles annoncées par le président de la République.

L’Apr a tenu son premier secrétariat exécutif national après l’élection présidentielle. Quel est le mot d’ordre ?

Macky Sall a exprimé toute sa joie de retrouver les membres du Secrétariat exécutif national.  Il a aussi tenu à remercier les électeurs qui ont voté pour lui, la coalition Benno Bokk Yaakaar, la grande coalition de la majorité présidentielle, mais aussi tous les Sénégalais qui lui ont offert cette victoire éclatante, nette, sans bavure et sans contestation. Le Président en a profité pour féliciter les responsables de son parti et les militants de toutes les localités. C’était quand même une belle réunion et il en a profité pour parler à ses responsables de manière très franche. Je pense qu’il nous a fait part d’un message très fort. Nous avons accueilli avec joie son message. C’est important qu’un leader qui vient de gagner l’élection présidentielle aussi importante pour un second mandat puisse parler à ses camarades.

Est-ce que ce message franc peut permettre de dissiper les frustrations?

Ces frustrations n’existent que dans l’esprit. C’est normal que quelqu’un qui a pris part à une œuvre veuille participer aussi à l’exercice du pouvoir pour servir son pays. Il faut voir cela comme une volonté de vouloir participer à la construction de son pays. Chaque acteur politique qui est dans un parti politique ou dans une coalition de partis, et qui voit sa coalition gagner des élections, peut bien souhaiter prendre part à la construction de l’œuvre nationale. Ç’est légitime, mais il faut que les gens sachent que tout le monde ne peut pas être ministre, directeur général, député, occuper des responsabilités. Le Président a expliqué que c’est normal que quand quelqu’un occupe un poste de responsabilité pendant très longtemps, qu’il parte ailleurs ou qu’il laisse la place à un autre. C’est dans l’ordre naturel des choses.  Le Président lui même est un exemple ; en 2000 quand Abdoulaye Wade arrivait au pouvoir, il n’était pas dans le gouvernement, aujourd’hui c’est lui qui a la charge de diriger le pays.

Vous voulez dire que cela n’aura aucun impact négatif dans la vie du parti ?

Il ne pourrait y avoir d’impact négatif. Des réunions comme celle que nous avons tenue où le chef du parti parle à ses collaborateurs vont dissiper énormément de chose. J’ai vu certains qui étaient dans le gouvernement et qui n’y sont plus ont adressé de très belles lettres publiques au président pour le remercier de la confiance dont ils ont bénéficié pendant plusieurs années. Ce n’est pas rien d’avoir eu la chance de bénéficier de la confiance d’un Président pour servir son pays.  Servir la nation pour un seul jour n’a pas de prix.

Il a appelé les responsables à soutenir les réformes institutionnelles…

Nous allons travailler à soutenir les réformes entamées. La plus grande sera celle de la suppression du poste de Premier ministre. En tout cas, Le groupe parlementaire de la majorité travaillera dans ce sens. Cette réforme va permettre l’équilibre entre les pouvoirs. Vous avez entendu que l’Assemblée ne pourra plus déposer des motions de censure. On peut voir de l’autre côté que le Président ne pourra plus dissoudre l’Assemblée nationale.  Il faut noter qu’il y aura toujours des clauses qui vont stabiliser un peu les pouvoirs. Nous avons aussi besoin de stabiliser les pouvoirs, car nous avons encore des démocraties jeunes. Il faut les préciser davantage pour qu’on puisse les travailler pour éviter un  blocage institutionnel.  Nous allons soutenir ces réformes pour permettre au Président de répondre avec célérité aux attentes des populations.

Ne pensez-vous pas qu’il devrait d’abord appeler à une concertation avant d’engager les réformes?

Depuis 2012, Macky Sall n’a pas cessé de se concerter avec les acteurs politiques, sociaux et économiques. Il n’y aura pas qu’un dialogue politique, mais national avec tous les composantes de la société. C’est à cette occasion que chacun donnera son avis sur la marche du pays, parce que les réformes entamées n’enlèveront en rien la continuité des concertations avec les acteurs politiques.

Mais certains leaders de l’opposition à savoir Ousmane Sonko et Idy ont annoncé qu’ils n’y seront pas…

Il ne faudrait pas catégoriser les gens. Le dialogue n’est pas seulement politique. Il faut que les gens le comprennent. Les hommes politiques ne sont pas propriétaires exclusifs de ce pays, il appartient à tout le monde. Les acteurs politiques ont un rôle très important à jouer.  Pour ne pas rater le train de l’histoire, nous invitons encore une fois ces leaders à répondre à ce dialogue.

Est-il possible de structurer l’Apr ?

Cela est très possible.  Depuis très longtemps, nous gagnons des élections sans pour autant être structurés, mais il y a des comités de base. Maintenant, nous allons engager des réflexions avec les responsables du parti sur le plan national et de la diaspora pour ensemble travailler à l’organisation de notre parti.  Le Président a donné des instructions aux membres du Secrétariat exécutif national pour les réflexions sur la structuration soient engagées.

Le Président a analysé la défaite dans certaines localités dont Thiès où vous êtes responsable. Quelle lecture faites-vous des résultats obtenus dans cette ville ?

Le Président de la République a été réélu avec 58,26%, ce qui est très important pour un président sortant. L’autre chose est que quand on sort d’une élection, il faut faire une analyse objective sans complaisance des résultats, évaluer ses forces et faiblesses.  A Thiès, nous avons été battus lors des dernières élections. Quand on analyse les résultats, il faut voir qu’il y a eu un taux de participation très fort. Nous avons eu plus de 100.000 voix. Nous avons évolué en termes d’électorat par rapport aux dernières législatives. Cela montre que nous devons faire notre propre introspection, travailler d’abord à beaucoup plus d’unité, mais aller davantage sur le terrain et parler aux populations. Nous allons apprendre de nos erreurs en vu des prochaines locales.

Pensez-vous que Bby peut gagner la ville de Thiès ?

Nous le pensons.  Nous n’allons pas nous décourager parce que nous avons perdu une élection. Aux élections législatives, Idrissa Seck était candidat et nous l’avons battu. Cette fois-ci, il nous a battus. Nous allons travailler à reprendre ce que nous avons perdu afin d’être la première force politique au niveau de Thiès.

Votre allié Talla Sylla a déjà annoncé sa candidature, est-ce que nous n’allons pas vers des querelles de leadership ?

Nous ne sommes pas encore dans ce débat.  Nous sommes ensemble. Nous allons travailler, réfléchir avec tous les alliés de la majorité présidentielle pour aller ensemble et gagner ses élections.

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