Gambie : Comment Yaya Jammeh violait les belles femmes

L’ex-Président gambien Yaya jammeh est accusé de viol par une ancienne Miss Gambie. Son témoignage est foudroyant.

Alors qu’il était encore au pouvoir, Yaya Jammeh attirait les filles dans son palais pour les forcer à avoir des relations sexuelles avec lui. Et pour bien satisfaire sa libido, il avait mis en place un système qui présentait ses proies comme des agents du protocole de la Présidence. Avec un salaire à la fin du mois, comme des fonctionnaires.

Une Miss Gambie fait partie de ses victimes. Son témoignage fait froid dans le dos.

Toutes ces allégations contre l’ancien président gambien figurent dans un rapport de Human rights wathc et trial international.

L’ancienne Reine de beauté se nomme Fatou « Toufah » Jallow, 23 ans. Elle a confié à la BBC que son objectif est d’affronter Yaya Jammeh devant un tribunal.

« J’ai vraiment essayé de cacher l’histoire, de l’effacer et de m’assurer qu’elle ne fait pas partie de moi, admet-elle. En réalité, je ne pouvais pas, alors j’ai décidé de parler maintenant parce qu’il est temps de raconter l’histoire et de m’assurer que Yayha Jammeh entende ce qu’il a fait. »

Jallow souhaite également témoigner devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), créée par le successeur de Jammeh,

L’histoire ? Fatou Toufah Jallow avait 18 ans lorsqu’elle devient Miss Gambie. C’était en 2014. Dans la foulée de son couronnement, elle rencontre le Président gambien. Les mois qui ont suivis, raconte l’ancienne Reine de beauté, Jammeh se montre tel un père, lui distribuant conseils, cadeaux et argent. Poussant la générosité jusqu’à faire installer l’eau courante dans sa maison familiale.

Les choses se gâtent lors d’un dîner organisé par un assistant de Jammeh. Le Président gambien lui demande de l’épouser. La fille refuse et décide de ne plus accepter les largesses du Président.

En juin 2015, elle est conviée, en tant que Miss Gambie, à une cérémonie religieuse censée se dérouler au State House, le palais présidentiel. C’était un leurre. Fatou Toufah Jallow dit avoir été conduite dans les appartements privés de Yaya Jammeh.

« C’était clair ce que cela allait être », a-t-elle déclaré, soulignant la colère de Jammeh, furieux d’avoir essuyé son refus d’être son épouse. L’ancienne Miss Gambie affirme que ce jour-là, l’ancien Président de la Gambie l’a giflée et lui a injecté une aiguille dans le bras avant de passer à l’acte. « Il a frotté ses parties génitales contre mon visage, m’a poussée à genoux, a tiré ma robe et m’a sodomisée », détaille Jallow.

La jeune femme raconte ensuite s’être enfermée chez elle pendant trois jours avant de fuir vers le Sénégal. Une fois à Dakar, elle sollicite l’assistance de diverses organisations de défense des droits de l’homme. Et quelques semaines plus tard, elle obtient le statut de réfugiée et déménage au Canada, où elle vit depuis.

« L’ex-président est un leader pieux qui respecte les femmes gambiennes »

La BBC a cherché à recueillir la réaction de Jammeh, qui vit en Guinée équatoriale depuis sa chute. En vain.

Un porte-parole de son parti, APRC, a nié les accusations portées contre son leader. « En tant que parti et le peuple gambien, nous en avons assez des nombreuses allégations dénuées de fondement contre de notre ex-président », a déclaré Ousman Rambo Jatta dans une déclaration écrite parvenue à la BBC.

Jatta ajoute : « L’ex-président n’a pas le temps de réagir aux campagnes de mensonges et de diffamation. C’est un leader respectable et pieux qui n’a que du respect pour nos femmes gambiennes. »

Human Rights Watch (HRW) et Trial International affirment dans leur rapport que Jammeh avait mis en place un système pour maltraiter les femmes. Certaines d’entre elles étaient inscrites sur la fiche de paie de l’Etat gambien et travaillaient à State House en tant que membres du protocole. Officiellement, elles avaient des tâches de bureau à accomplir, mais en réalité leur mission c’était d’avoir des relations sexuelles avec le Président.

Une anonyme : « Ce jour-là, il a couché avec moi sans protection »

Interrogé par la BBC, un ancien responsable gambien, sous le couvert de l’anonymat, a déclaré qu’il était au courant des faits en question : « Le personnel du protocole était principalement composé de femmes et avaient été embauchées pour satisfaire les fantasmes du président. »

L’une de ses femmes, 23 ans, a déclaré à HRW qu’elle avait été contrainte à avoir des relations sexuelles avec Jammeh en 2015. La femme, qui a demandé à ne pas être citée, a déclaré qu’un jour, le Président l’avait convoquée dans sa chambre.

Elle détaille : « Il a commencé à me déshabiller en disant qu’il était amoureux de moi, qu’il ferait n’importe quoi pour moi et que je ne devais en parler à personne, car si je le faisais, je ferais face aux conséquences. Je sentais que je n’avais pas le choix. Ce jour-là, il a couché avec moi sans protection. »

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