MODOU DIAGNE FADA, LDR YESSAL : « La grande coalition de la majorité présidentielle doit aller le plus loin possibl

Riche de sa diversité, la coalition de la majorité présidentielle doit aller le plus loin possible pour l’intérêt des Sénégalais et le renforcement de la stabilité du pays. C’est ce que pense Modou Diagne Fada, président du parti les Démocrates réformateurs, (Ldr Yessal) au lendemain de la formation du gouvernement élargie. Dans cet entretien, M. Diagne qui a été l’une des premièrs ténors de la famille libérale à avoir rejoint Macky Sall salue la nomination d’Idrissa Seck et de Oumar Sarr, mais aussi le casting fait pour le choix de la nouvelle équipe gouvernementale.

Quatre après sa création, comment se porte votre parti, Ldr/Yessal ?

 Les réformateurs Yessal a été porté sur les fonts baptismaux, le 7 mai 2016 à la suite d’une assemblée générale constitutive. Depuis cette date, le parti est en train de faire son chemin dans le landernau politique sénégalais. Quelques mois après le lancement, nous avons été parmi les membres fondateurs de la coalition Manko taxawou Sénégal avec plusieurs partis de l’opposition d’alors. Quand cette coalition a éclaté à la veille du dépôt de listes aux élections législatives, nous sommes partis seuls sous la bannière de Manko yessal Sénégal. Cette coalition qui regroupait essentiellement les militants du Yessal a obtenu un siège à l’assemblée nationale et s’est positionnée septième sur 47 formations politiques qui avaient pris part aux élections législatives. Je rappelle que nous étions présents sur les 45 départements du Sénégal à et sur toutes les circonscriptions étrangères à l’exception d’une seule. C’est vous dire que Yessal a une représentation nationale. C’est un parti national présent dans la Diaspora qui continue de se massifier, d’étendre ses bases et de participer au jeu politique. Nous avons été amenés avant même l’obtention de notre récépissé à prendre part aux élections des conseillers territoriaux. C’est une façon pour nous de compter le nombre de grands électeurs, de conseillers municipaux et départementaux qui nous avaient accompagné dans notre combat pour la restructuration du Pds. Nous avons obtenu 650 grands électeurs. Depuis lors, il y a eu beaucoup d’autres anciens élus nationaux, des députés qui nous ont rejoints. Le Ldr Yessal se porte se porte bien. Il ne cesse de s’enrichir de nouvelles adhésions.

Vous êtes allés aux élections de 2007 et à celles de 2017 sous votre propre bannière. Quel regard portez-vous sur le choix de certains acteurs politiques de se réfugier derrière les coalitions ?

Nous sommes des politiques. Nous devons nous soumettre au suffrage universel. Nous travaillons pour nos compatriotes. Nous nous sommes engagés en politique pour le peuple sénégalais. Nous devons à chaque occasion évaluer l’impact de notre action politique sur les populations. Je crois aux élections. Je crois à ce que les uns et les autres se soumettent au verdict populaire. C’est une culture chez nous. Nous avons été à la tête d’une coalition aux élections législatives de 2007. Nous avons été tête de liste départemental quand nous étions un responsable du Pds. Et récemment tête de liste de la coalition Manko Yessal Sénégal. Il faut nous soumettre à la sanction de nos compatriotes. C’est pour cette raison que nous disons que nous allons nous-mêmes chercher à nous faire élire, à partager nos idées, nos convictions à travers une campagne électorale officielle.

Dans quel état se trouve votre compagnonnage avec le président Sall au lendemain de la formation du nouveau gouvernement ?

Le compagnonnage se porte bien. Le président, Macky Sall nous lui vouons une très grande affection. Il nous le rend bien. Nous discutons souvent des questions qui intéressent le Sénégal et la grande majorité présidentielle. Il m’a fait l’honneur de me recevoir récemment à la suite de la formation du nouveau gouvernement. Nous avons longuement échangé. Nous avons vu un président Sall proactif visionnaire qui sait où il met les pieds et qui est très conscient des problèmes ou des défis auxquels il doit faire face et qui se donne les moyens de les relever. Sur le plan local, tout n’est pas nickel en ce qui concerne la considération de nos militants à travers les 45 départements. Le même degré de confiance entre le président Sall et moi n’est pas le même quand vous descendez à la base. C’est plus compliqué dans certains départements du Sénégal, mais dans beaucoup d’autres départements les militants du Yessal sont en parfaite entente avec les responsables de l’Alliance pour la République et les responsables des autres partis membres de la majorité présidentielle. C’est une situation normale, parce qu’à la base, il y a d’autres considérations qui rentrent en jeu. Il est souvent difficile pour le responsable local de transcender un certain nombre de considérations. Mais c’est à nous, au niveau national, de définir les orientations globales de pousser l’ensemble de nos responsables à converger vers la même direction qui est tracée par le président de la grande majorité présidentielle, mais aussi par les leaders qui l’accompagnent.

N’avez-vous pas été surpris par la nomination de Idrissa Seck à la tête du Conseil économique, social et environnemental ?

Non, je n’ai pas été surpris. En politique, il n’y a rien qui peut me surprendre. Je suis un homme politique qui ai fait plus de 30 ans sur le terrain. Je connais la structuration de la vie politique nationale. Je connais assez bien les relations entre les différentes personnalités politiques nationales. Il n’y avait pas de grosses divergences entre le président, Macky Sall et Idrissa Seck. Il n’y avait pas des différends qui pourraient les pousser à ne jamais être ensemble pour l’intérêt du Sénégal. Que le président Sall travaille à nouveau avec le président Idrissa Seck pour élargir la majorité présidentielle et stabiliser davantage le pays entre dans l’ordre du possible. Je crois que c’est tout à fait normal d’autant plus que les deux hommes ont grandi au Pds. Les deux hommes sont imbus des mêmes valeurs politiques. Ils sont à peu près de la même génération. C’est tout à fait naturel qu’ils puissent se retrouver au service du Sénégal et de l’édification de notre pays.

Vos anciens frères du Pds Oumar Sarr ont également rejoint la majorité…

Il faut se féliciter de la présence du ministre Oumar Sarr dans le gouvernement. Sa présence est la preuve que nous avions raison, dès 2018, d’engager une alliance avec le président Macky Sall et l’Apr. Le fait que le ministre Oumar Sarr et les militants de son parti puissent rejoindre cette ligne que nous avons tracée est une excellente chose. C’est pourquoi je les félicite d’avoir pris la décision de venir renforcer la majorité et participer à la construction du pays.

Ceux qui vous avez critiqué en 2016 ont suivi votre chemin…

Nous sommes sortis d’une excellente école politique. Nous avons été au contact de grands hommes politiques. Nous remercions Dieu de nous avoir permis d’avoir raison assez tôt et d’avoir eu cette position qui avait été critiquée auparavant, mais qui est aujourd’hui admise comme étant la posture la plus réaliste, la plus bonne, pour continuer à exister sur la scène politique et à participer au développement de notre pays. Il faut être réaliste et pragmatique en politique. Nous l’avons été. Il faut donc se féliciter du fait que la même posture soit adoptée par des gens qui portaient à notre endroit un certain nombre de critiques.

Peut-on dire que la grande famille libérale s’est retrouvée sans Wade ?

C’est naturel. La nature a horreur du vide. Nous sommes des libéraux.  Nous sommes sortis de la même formation politique. Il faut travailler à reconstituer cette famille libérale, à la reconstruire. Personne n’est mieux placée que le président, Macky Sall pour participer à la reconstruction de cette famille libérale. Le président Sall a été un peu le précurseur. Il est là avec beaucoup de frères libéraux. Nous sommes pour cette réunification. Idrissa Seck, Oumar Sarr et beaucoup d’autres gens sont venus nous rejoindre.  Le président Wade est le père de nous tous. Il est hors circuit politique. Il n’a plus d’ambitions pour devenir président de la République, conseiller municipal ou maire. Tous ceux qui reste comme personnalités politiques sont autour du président Macky Sall. On aurait pu citer le ministre d’Etat Ousmane Ngom et le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye. Macky Sall est notre frère. Par un concours de circonstances, il a été porté à la tête du pays. Il était un devoir pour nous tous de nous regrouper autour de lui pour lui apporter notre soutien. Nous avons compris cela très tôt.

Macky Sall réunit aujourd’hui des personnalités politiques d’obédiences différentes. Ne risque-t-il de faire les frais d’un choc des ambitions ?

La grande coalition de la majorité présidentielle que certains appellent Benno Bokk Yaakar est riche de sa diversité. Bien entendu, il y a un socle, la social-démocratie. L’Afp et le Ps se réclament de la social-démocratie. D’autres partis se réclament du libéralisme. Ce sont l’Apr, Ldr Yessal et Rewmi. C’est ça qui fait la richesse de notre coalition. Quand nous sommes ensemble, nous avons plus de moyens pour faire émerger le Sénégal. C’est important pour garantir une stabilité à moyen et long terme du pays d’avoir une coalition aussi large qui part de la gauche à la droite en passant par le centre. Des partis centristes sont aussi dans la coalition. Il s’agit du Bcg de Jean Paul Dias et de l’Ucs de Abdoulaye Baldé. Nous avons un spectre assez large. Une coalition arc-en-ciel au bénéfice de la République du Sénégal. Cela est important surtout après les joutes électorales. Après les élections, les gens doivent se mettre ensemble pour travailler pour le pays.

Jusqu’où cette coalition peut aller ?

Le plus loin possible. Cette coalition doit pouvoir aller le plus loin possible. En France, il y a l’Union des indépendants. Ce parti regroupe en son sein plusieurs formations politiques. Nous travaillons à aller le plus loin possible.  L’histoire politique a été marquée par de tels évènements. L’Union progressiste sénégalais ne s’appelait pas comme ça avant. Il y avait le Bds. Tous les ténors de l’Ups ne venaient pas du Bds ou du Bps. A un moment donné, c’est l’histoire politique sénégalais qui a recommandé que les gens se mettent ensemble pour aller le plus loin possible. Il n’est pas dit que ce qui était valable au début des indépendances l’est aujourd’hui, mais on doit pouvoir trouver des formes organisationnelles qui permettraient à certaines formations de garder leur autonomie, mais quand le pays a besoin de l’ensemble de ses fils que tout le monde se mette ensemble pour construire le Sénégal.

D’aucuns pensent que la politique a pris le dessus sur la prise en charge des préoccupations des Sénégalais dans la formation du nouveau gouvernement…

Je ne le pense pas. Je crois que le président, Macky Sall a fait un excellent casting.  Dans le gouvernement, vous retrouvez toutes les composantes de la société sénégalaise. Ce n’est pas la peine de citer des noms, mais je considère que dans l’attelage actuel, toutes les sensibilités sociales, religieuses sont présentes. Plusieurs formations d’obédiences différentes sont aussi représentées. Il y a des gens qui pensent qu’il y a très peu de technocrates, mais ils oublient que certains étaient des technocrates avant d’être des hommes politiques. Il y a beaucoup de gens qui sont marqués politiquement, mais sont des valeurs sûres dans des domaines. Dès lors que le ministre peut être technocrate et en même temps acteur politique, il devient un homme capable de devenir un membre du gouvernement. Le président Sall a tenu compte de tout cela et a fait de telle sorte que la stabilité du pays puisse être renforcée.  Il y a des ministres qui ont bien travaillé et qu’il a remercié parce qu’il a peut-être besoin du sang neuf. Il a peut-être pensé que d’autres ont moins travaillé, il les a remerciés. Il a aussi pensé que des ministres ont bien travaillé, il les a maintenus. Il y a encore certains qui ont fait des changements de poste. C’est comme ça qu’on compose une équipe. Le coach a bien observé sa dernière équipe et a pris les mesures s’imposaient.

Pensez-vous que cette équipe peut porter le plan de relance économique ?

Il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse pas porter le plan de relance économique. Un gouvernement a besoin de temps. Il faut lui donner un peu de temps pour le juger sur pièce, mais il n’y a pas de raisons que ce gouvernement ne puisse pas porter le Pse. Il y a des hommes et des hommes d’expériences qui comprennent ce que c’est l’Etat et qu’une synergie est nécessaire pour faire face aux urgences auxquelles le pays est confronté. Ils ont compris qu’ils peuvent se mobiliser pour faire en sorte que le pays puisse retrouver un taux de croissance positif dès 2021 et plus tard avoir un taux de croissance à 2 chiffres.

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