PUBLICATION : « MONTREAL-DAKAR » : Mamoudou Mamadou Talla dépeint le comportement peu élogieux des fils de personnalités politiques africaines au Canada

Pour assurer une bonne formation à leurs enfants ou faire prévaloir un prestige social, des hommes politiques africains envoient souvent leurs enfants étudier au Canada. Baba Mamadou Talla fait un focus sur le comportement peu élogieux de ces jeunes au Canada dans son livre « Montréal – Dakar ».

« Montréal-Dakar ». C’est le titre du roman publié par le jeune Baba Mamadou Talla, étudiant, diplômé en Science Politiques à l’Université du Québec à Montréal (Uqam). Dans cette publication qui compte 148 pages, Baba Talla traite, à travers l’histoire de la famille Pouye, de beaucoup de sujets qui font l’actualité au Sénégal et même en Afrique, de l’excision à l’affairisme en passant par l’immigration et la mégalomanie. Le fils du Directeur général de la Rts, Racine Talla a tenté, dans un style simple et imagé, de mettre en exergue certaines tares de la vie politique et sociale au Sénégal.
Il illustre cela à travers le personnage principal du roman, Meïssa Pouye. Le jeune Talla raconte que ce père de famille, nommé au lendemain de l’élection présidentielle ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique. Un poste à la fois sensible et envié. Pour sa femme Borika et son fils Mahécor, l’heure de gloire venait enfin d’arriver après plusieurs années. Ce qui devait être un lourd fardeau et une source de stress est devenu une consécration. Meïssa Pouye enverra son fils Mahécor poursuivre ses études universitaires à Montréal, au Canada même si son salaire de ministre ne le lui permettait pas. Après la défaite de son père aux élections locales dans lesquelles il était candidat, Mahécor sera dans une situation irrégulière vu qu’il n’était plus inscrit à l’université. Il sera ainsi renvoyé du territoire canadien après avoir fait face à un juge d’immigration.
Le choix de cet angle n’est pas fortuit. Le jeune écrivain a puisé dans son vécu quotidien au Canada. « Lorsque je suis arrivé à Montréal, j’ai pris le temps de bien observer la ville. J’ai rencontré énormément de personnes originaires de l’Afrique subsaharienne. On a d’un côté des fils de personnalités politiques qui dépensent énormément d’argent dans les clubs de dance et de l’autre côté des personnes qui ne sont plus en règle avec les services de l’immigration. Cela m’a beaucoup inspiré », a-t-il expliqué. « J’ai voulu, en écrivant ce livre, raconter des choses qui se passent ici au Canada mais surtout montrer à quel point les sans-papiers sont fragiles », souligne-t-il.
Mamadou Talla indique que beaucoup de parents ont sacrifié leurs enfants en les envoyant poursuivre leurs études dans des pays aussi chers que le Canada. » Certains l’ont fait en voulant assurer une bonne formation à leurs fils (ce qui est quand même noble), d’autres pour des questions de prestige social », explique-t-il. Enfin, ajoute-t-il, « j’ai essayé, à travers les deux mails que Mahécor enverra à son père et ses amis à la fin, de montrer que la vie en occident peut être pour certains, pire que celle qu’ils ont laissée en dans leur pays d’origine ».

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