IBRAHIMA BARRY, LEADER DU RCD : « L’Apr est une armée mexicaine à Vélingara »

Le président du Conseil départemental de Vélingara, Ibrahima Barry estime que le président Macky Sall mérite au second mandat à la tête du pays. C’est pourquoi son parti, le Rassemblement pour la citoyenneté et le développement (Rcd) a décidé de le soutenir, mais il demande le renforcement des projets sociaux pour le monde rural et le déploiement des responsables locaux, notamment ceux de l’Apr à la base.

Monsieur le président, après votre départ du Parti socialiste, vous avez crée le Rcd. Comment votre parti se déploie sur le terrain ?
Nous sommes en train de massifier, d’organiser et de déployer le Rassemblement pour la citoyenneté et le développement (Rcd) au niveau national. Nous lui donnons surtout un ancrage local. Un parti doit avoir une visibilité. Nous sommes en train de travailler sur le terrain pour convaincre les Sénégalais sur notre projet de société. Nous avons un idéal. C’est pourquoi, nous avons parlé d’une autre offre politique qui consiste à allier l’acte à la parole. Mais aussi informer juste et vrai et engager les Sénégalais sur le chantier du travail puisque c’est cela qui peut être source de développement. Pour le moment, nous travaillons en attendant de recevoir notre récépissé. Nous travaillons à la base. Ce travail est en train de nous valoir une satisfaction de taille. C’est un parti national, mais je peux vous dire déjà qu’au niveau de la Casamance naturelle le Rcd est déjà une force très visible. Le Rcd fait son ancrage et va se déployer à partir de la Casamance sur le reste du Sénégal. En tant que leader de ce pays, je suis très fier des résultats enregistrés.
Est-ce que ce déploiement a permis d’avoir de fortes personnalités dans le parti?
Il y a des personnalités de grande envergure qui ont rejoint le parti. Le Professeur Bambo Guirassy, ex-maire de la commune de Diaobé- Kabendou est avec nous. Il a du monde derrière lui. Nous avons d’autres leaders dans le département de Bignona. Il y a beaucoup de leaders qui ont adhéré à ce parti. A Touba, Dakar et dans d’autres villes, le parti est représenté. Beaucoup attendent la reconnaissance officielle du parti pour adhérer. Il y a aura des surprises, parce que le Rcd est entré dans le cœur de beaucoup de Sénégalais.

Comment vous comptez engager la présidentielle de 2019 ?

Nous avons dit que pour être logique avec nous-mêmes, nous soutiendrons le président Macky Sall. Et ça nous le faisons avec conviction et sans condition, parce que nous n’avons même pas été reçus par le président. Nous n’avons aucun poste qui a été donné par le président de la République. Nous étions des socialistes. Notre parti soutenait le président. Depuis le référendum, nous soutenons le président de la République. Pour être cohérent pour la présidentielle, nous avons donc décidé de soutenir le président de la République, Macky Sall pour qu’il ait un second mandat. Mais à partir des élections locales, notre compagnonnage va s’arrêter. Nous sommes un parti ambitieux constitué de jeunes. Nous pensons à notre avenir politique. Notre position sera d’aller briguer sous notre propre bannière les Collectivités locales. Pour 2019, nous sommes dans le Benno Bokk Yaakar.
Qu’est ce qui motive votre soutien au chef de l’Etat ?
Nous l’avons toujours soutenu. Nous estimons que ce qu’il a fait est positif. Nous estimons qu’il mérite un deuxième mandat vu les jalons qu’il est en train de poser. Nous qui sommes des Sénégalais de l’intérieur, savons ce que qu’il fait pour le monde rural. Nous avons le Ppdc qui est très connu en Casamance qui fait beaucoup de réalisations dans l’agriculture et le désenclavement. Nous avons le Puma qui donne des ambulances dans les zones frontalières. Nous avons aussi la Couverture maladie universelle ainsi que les bourses sociales. Cela n’est pas négligeable pour des gens qui n’avaient même pas de quoi assurer le quotidien. En termes d’infrastructures aussi, le Pudc fait beaucoup d’efforts pour l’accès à l’électricité et à l’eau. Nous avons des motifs réels de penser que le président de la République mérite un deuxième mandat pour qu’il puisse faire davantage. Un premier mandat est très court, parce qu’il faut faire des réglages. Il faut lui donner un deuxième mandat pour qu’il réalise ses ambitions pour le Sénégal. Dans un bilan, il y a toujours un actif et un passif. Mais l’actif dépasse largement le passif par rapport à ce que nous vivons dans le Sénégal des profondeurs.

Que doit faire le pouvoir pour avoir le soutien du monde rural ?
Nous estimons que le gouvernement doit investir davantage sur ces projets sociaux. Il faut aussi une réduction du train de vie de l’Etat, une rationalisation des institutions pour avoir des économies qui seront mises au service du développement local. Il faut qu’il y ait une meilleure orientation de la dépense publique vers la satisfaction au plus près des préoccupations des Sénégalais notamment ceux de l’intérieur.

Quel rôle les régions de l’Intérieur peuvent-ils jouer dans le développement du pays ?
Il suffit de réparer une injustice qui est la faiblesse des investissements publics dans les régions périphériques. Les régions qui sont près de la capitale ont toujours été favorisées par rapport l’arrière pays. Le président Macky Sall a commencé à réparer ce paradoxe. Mais il ne s’agit pas aussi d’afficher la volonté en disant qu’il n’y a plus de commune rurale. Il faut donner la chance à ces régions qui ont des potentialités de toute nature. Il faut augmenter les investissements publics pour que les régions périphériques puissent jouer leur rôle. Ce sont ces régions qui peuvent être le moteur de notre développement, parce que nous savons que c’est l’agriculture qui peut conduire le Sénégal vers le développement.
Que représente Vélingara dans l’électorat de la région de Kolda ?
Le département de Vélingara a plus d’électeurs que le département de Kolda et celui de Médina Yoro Foulah. Vélingara représente un peu 45% de la région de Kolda. Nous avons un électorat important qui dépasse les 95 000 électeurs. Avec les dernières inscriptions sur les listes électorales, nous pouvons dépasser les 100 000 électeurs. Cela n’est pas négligeable dans une élection présidentielle. Le président de la République devrait prêter une attention particulière à ce département qui lui est très favorable.

Comment votre parti travaille avec ses alliés notamment l’Apr à la base ?
L’Apr est une armée mexicaine à Vélingara. Elle ne se déploie que lorsqu’il y a des joutes électorales. Nous avons des responsables qui ne sont visibles que pendant les campagnes électorales. Au Rcd, nous travaillons quotidiennement à la base. Nous voulons travailler avec eux, mais ils sont hostiles à notre parti. Nous subissons toute sorte de combat, mais nous restons sereins. Notre compagnonnage avec le président de la République est sans condition. Avec, ces responsables, j’avoue que nous ne travaillons pas normalement à la base. J’attire l’attention du président de la République. Il faut qu’il sache que 2019 n’est pas acquis. Il faut que les responsables se mettent au travail. Que les responsables de l’Apr qui ont des postes de responsabilité comprennent que cette élection les concerne en premier lieu. Ils doivent travailler au quotidien pour la réélection du président. C’est loin d’être le cas pour tous les responsables locaux. Les défis sont énormes. Il faut que les gens se battent. Il faut que le président de la coalition Benno demande à ses responsables d’aller mouiller le maillot à la base. Le chef de l’Etat doit reconnaitre les alliés qui lui sont fidèles et qui travaillent pour lui à la base. Il faut ensuite continuer à répondre aux préoccupations des Sénégalais. C’est cela qui permettra au président de la République d’avoir un second mandat.

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