Procès Tarnac: le tribunal se penche sur un élément-clé du dossier

Le quatrième jour du procès Tarnac en France a donné lieu à l’examen d’un élément-clé du dossier, le fameux « PV D104 », le procès-verbal de surveillance de Julien Coupat et Yildune Lévy la nuit du sabotage d’une ligne SNCF, et considéré comme un faux par la défense.

C’est avec une carte IGN et un stylo que la présidente du tribunal a refait le parcours supposé de Julien Coupat et de sa compagne Yildune Lévy. Tous deux sont accusés d’avoir saboté une ligne électrique de la SNCF dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 dans le département de la Seine-et-Marne.

Sur les écrans de la salle d’audience, la carte avec le parcours de la Mercedes de Julien Coupat, tel que décrit par les agents du service de renseignement. C’est un parcours atypique où le couple aurait effectué une dizaine d’allers-retours, se serait arrêté dans une pizzéria avant de faire l’amour dans le véhicule et enfin, selon les policiers, de s’arrêter près de la voie ferrée où s’est produit le sabotage.

A la barre, Yildune Lévy explique qu’il s’agissait d’un week-end en amoureux et d’échapper à la filature des policiers. « Sauf que vous passez votre temps à faire des allers-retours autour du chemin de fer. C’est ce qui s’appelle du repérage », objecte le procureur. La jeune femme refuse de répondre au ministère public et déclare à l’attention de la présidente du tribunal : « A l’époque, un molosse qui m’interrogeait m’a dit : ‘elle n’est pas assez grosse, la b*** de Julien Coupat ? T’en veux une autre, sa**pe de juive ?’ »

C’est le quatrième jour d’audience sur un procès censé durer trois semaines et déjà on ressent une très grosse fatigue du côté des magistrats, des avocats et des prévenus.

Sept heures après le début de l’audience, un expert est enfin appelé à la barre. Le dos vouté, ce retraité de la police scientifique s’exprime d’une toute petite voix. La cour l’entend à peine et lui demande de parler dans le micro. Il raconte que les tubes repêchés dans la Marne, non loin du sabotage, auraient pu servir de perche pour commettre les dégradations. Tous les avocats manipulent alors les tuyaux, le tribunal est une plomberie, un magasin de bricolage. 22h30 : la présidente, qui n’a cessé d’être interrompue dans sa présentation par la défense, doit une nouvelle fois rappeler les prevenus à l’ordre. L’examen du PV D104 reprendra mardi prochain au matin.

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